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Dossier métier · L'ERP commerce qui unifie votre caisse, votre boutique et votre site

CUMP ou PEPS : le même stock, deux valeurs, un impôt différent

Sur des entrées et des sorties identiques, le coût moyen pondéré donne un stock final de 970 € et le premier entré premier sorti 1 085 €. L'écart de 115 € passe intégralement dans le résultat. Et le choix, une fois fait, engage les exercices suivants.

Ingénieur Arts & Métiers, docteur en génie des matériaux Mis à jour le 16 August 2026

Deux méthodes, et une seule est déjà exclue

Pour valoriser un stock de biens interchangeables, la comptabilité française admet deux méthodes, et deux seulement.

Le coût moyen pondéré calcule un coût unitaire unique, obtenu en divisant la valeur totale entrée par la quantité totale entrée. Ce coût unique valorise les sorties et le stock final.

Le premier entré premier sorti considère que les sorties consomment les lots dans leur ordre d’arrivée. Le stock final se trouve donc valorisé aux prix des dernières entrées.

La méthode du dernier entré premier sorti, admise dans certains référentiels étrangers, ne l’est pas en France. Il est inutile de l’envisager.

Pour les biens qui ne sont pas interchangeables, identifiables un par un comme un véhicule ou une pièce unique, la question ne se pose pas : c’est le coût d’entrée réel de chaque bien qui s’applique.

Les mêmes données, les deux calculs

Un article, un exercice.

ENTRÉES
  01/03   100 unités × 12,00 €                 1 200,00 €
  15/06   150 unités × 14,00 €                 2 100,00 €
  02/10   100 unités × 15,50 €                 1 550,00 €
  ──────────────────────────────────────────────────────
          350 unités                           4 850,00 €

SORTIES DE L'EXERCICE                            280 unités
STOCK FINAL COMPTÉ                                70 unités

Premier entré premier sorti

Les 280 sorties épuisent les lots dans l’ordre d’arrivée.

  100 unités du lot à 12,00 €                  1 200,00 €
  150 unités du lot à 14,00 €                  2 100,00 €
   30 unités du lot à 15,50 €                    465,00 €
  ──────────────────────────────────────────────────────
  Coût des sorties                             3 765,00 €

  Stock final : 70 × 15,50 €                   1 085,00 €

Coût moyen pondéré

  Coût unitaire moyen : 4 850,00 / 350           13,857 €

  Coût des sorties : 280 × 13,857               3 880,00 €
  Stock final      :  70 × 13,857                 970,00 €

L’écart

                          PEPS         CUMP        Écart
  Coût des sorties     3 765,00 €   3 880,00 €   − 115,00 €
  Stock final          1 085,00 €     970,00 €   + 115,00 €
  ────────────────────────────────────────────────────────
  Total                4 850,00 €   4 850,00 €        0,00 €

Le total est identique, forcément : c’est la même marchandise. Mais la répartition entre ce qui est consommé et ce qui reste change, et cette répartition est exactement ce qui détermine le résultat.

L’effet sur le résultat, et sur l’impôt

Le stock final est un actif : plus il est élevé, plus le résultat est élevé, parce que la marchandise restante n’est pas une charge de l’exercice.

  Stock final en premier entré premier sorti     1 085,00 €
  Stock final en coût moyen pondéré                970,00 €
  ────────────────────────────────────────────────────────
  Résultat supérieur de                            115,00 €
  Impôt correspondant, à un taux de 25 %            28,75 €

Vingt-huit euros et soixante-quinze centimes, sur un seul article. Rapporté à un stock de plusieurs centaines de références, l’écart devient significatif, et il porte sur un résultat qui n’a pourtant rien de différent dans la réalité économique.

Il faut donc bien comprendre ce que cet écart est, et ce qu’il n’est pas. Il ne crée pas de richesse et il ne fait pas disparaître d’impôt. Ce qui n’est pas imposé cette année le sera l’année suivante, quand la marchandise sortira. La méthode décale, elle n’efface pas.

Pourquoi le choix ne se fait pas sur le résultat

En période de hausse des prix, le premier entré premier sorti donne un résultat supérieur. On en déduit parfois qu’il faut choisir le coût moyen pondéré pour payer moins d’impôt.

Le raisonnement a deux défauts.

Il ne vaut que pendant la hausse. Dès que les prix d’achat baissent, l’effet s’inverse, et on se retrouve enfermé dans la méthode choisie pour de mauvaises raisons.

On ne peut pas en changer. Le principe de permanence des méthodes, posé par le code de commerce, interdit de modifier les méthodes d’évaluation d’un exercice à l’autre, sauf changement exceptionnel dans la situation de l’entreprise. Un changement doit être justifié et mentionné en annexe, et le motiver par la recherche d’un résultat plus favorable est précisément ce que le principe interdit.

Le bon critère est ailleurs : quelle méthode reflète le mieux votre réalité physique ? Un commerce qui écoule ses lots dans l’ordre d’arrivée, ce qui est le cas dès qu’il y a une date de péremption, décrit sa réalité avec le premier entré premier sorti. Un négoce de matières où les lots se mélangent physiquement la décrit avec le coût moyen pondéré.

Dans OrgaVision

La méthode de valorisation est un réglage de l’entreprise, pas un choix fait à chaque inventaire. Ce réglage est unique et s’applique aux valorisations : c’est ce qui rend la permanence des méthodes tenable sans y penser.

L’état de valorisation détaille, par article, la quantité en stock, le coût unitaire retenu et la valeur, avec les totaux par catalogue et par gamme.

La valeur de réalisation probable se saisit article par article quand elle est inférieure au coût, et la provision qui en découle est calculée à partir de ces valeurs. C’est le sujet du dossier sur le stock qui ne vaut plus son prix.

Valoriser un stock fongible

Les deux méthodes, pas à pas, sur les mêmes données.

  1. 1

    Lister les entrées de la période avec leur coût d'achat

    Chaque réception, sa quantité et son prix unitaire d'achat, frais accessoires inclus quand ils sont directement rattachables.

  2. 2

    Relever la quantité sortie et la quantité restante

    Les sorties viennent des ventes et des pertes ; la quantité restante vient du comptage physique, pas d'un solde théorique.

  3. 3

    En coût moyen pondéré, calculer le coût unitaire moyen

    Valeur totale entrée divisée par quantité totale entrée. Ce coût unique valorise à la fois les sorties et le stock final.

  4. 4

    En premier entré premier sorti, épuiser les lots dans l'ordre d'arrivée

    Les sorties consomment d'abord le lot le plus ancien, puis le suivant. Le stock final est valorisé aux prix les plus récents.

  5. 5

    Vérifier que sorties plus stock final égalent le total entré

    Le contrôle est immédiat et il détecte la plupart des erreurs de calcul.

Questions fréquentes

Quelles méthodes sont admises en France ?
Deux, pour les biens interchangeables : le coût moyen pondéré et le premier entré premier sorti. La méthode du dernier entré premier sorti, connue sous son sigle anglais, n'est pas admise en comptabilité française. Pour les biens qui ne sont pas interchangeables, identifiables individuellement comme un véhicule ou une pièce unique, c'est le coût d'entrée réel de chaque bien qui s'applique, sans qu'il y ait de méthode à choisir.
Laquelle donne le résultat le plus élevé ?
En période de hausse des prix d'achat, le premier entré premier sorti valorise le stock final aux prix les plus récents, donc les plus hauts : le stock final est plus élevé, les sorties sont valorisées moins cher, et le résultat est supérieur. Le coût moyen pondéré lisse. En période de baisse, l'effet s'inverse. C'est pourquoi le choix ne se fait pas sur le résultat souhaité : il se ferait à l'envers dès que la tendance change.
Peut-on changer de méthode d'un exercice à l'autre ?
Non, sauf changement exceptionnel dans la situation de l'entreprise. Le principe de permanence des méthodes, posé par le code de commerce, interdit de modifier les méthodes d'évaluation d'un exercice à l'autre, précisément pour que les comptes restent comparables. Changer de méthode pour améliorer un résultat est le contraire de ce que le principe autorise, et un tel changement doit être justifié et mentionné en annexe.
Le coût d'entrée, c'est le prix d'achat facturé ?
Le prix d'achat diminué des remises et rabais obtenus, et augmenté des frais directement attribuables à l'acquisition : transport, droits de douane, frais de mise en état. Les escomptes de règlement, eux, sont des produits financiers et ne réduisent pas le coût d'entrée. Négliger les frais accessoires sous-évalue le stock, et donc le résultat, de façon systématique.
Faut-il appliquer la même méthode à tout le stock ?
La méthode s'applique de façon homogène à des catégories de biens de même nature et de même usage. Rien n'impose la même méthode à des catégories très différentes, mais mélanger les méthodes à l'intérieur d'une même catégorie n'a pas de sens et rend l'inventaire indéfendable. Dans une petite structure, la simplicité commande une méthode unique.
Que se passe-t-il si le prix de vente devient inférieur au coût ?
Le stock est valorisé au plus faible du coût d'entrée et de la valeur nette de réalisation. Quand le second devient inférieur au premier, l'écart fait l'objet d'une dépréciation. C'est une opération distincte du choix de méthode, et elle se traite article par article. Voir le dossier sur le stock qui ne vaut plus son prix.
DJ

Dimitri Jacquin

Fondateur OrgaVision · Spécialiste l'erp commerce qui unifie votre caisse, votre boutique et votre site

Développeur et entrepreneur, je conçois OrgaVision pour qu'un dirigeant de PME passe moins de temps sur l'administratif et plus de temps sur son cœur de métier.

Mis à jour le 16 August 2026

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