Deux méthodes, et une seule est déjà exclue
Pour valoriser un stock de biens interchangeables, la comptabilité française admet deux méthodes, et deux seulement.
Le coût moyen pondéré calcule un coût unitaire unique, obtenu en divisant la valeur totale entrée par la quantité totale entrée. Ce coût unique valorise les sorties et le stock final.
Le premier entré premier sorti considère que les sorties consomment les lots dans leur ordre d’arrivée. Le stock final se trouve donc valorisé aux prix des dernières entrées.
La méthode du dernier entré premier sorti, admise dans certains référentiels étrangers, ne l’est pas en France. Il est inutile de l’envisager.
Pour les biens qui ne sont pas interchangeables, identifiables un par un comme un véhicule ou une pièce unique, la question ne se pose pas : c’est le coût d’entrée réel de chaque bien qui s’applique.
Les mêmes données, les deux calculs
Un article, un exercice.
ENTRÉES
01/03 100 unités × 12,00 € 1 200,00 €
15/06 150 unités × 14,00 € 2 100,00 €
02/10 100 unités × 15,50 € 1 550,00 €
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350 unités 4 850,00 €
SORTIES DE L'EXERCICE 280 unités
STOCK FINAL COMPTÉ 70 unités
Premier entré premier sorti
Les 280 sorties épuisent les lots dans l’ordre d’arrivée.
100 unités du lot à 12,00 € 1 200,00 €
150 unités du lot à 14,00 € 2 100,00 €
30 unités du lot à 15,50 € 465,00 €
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Coût des sorties 3 765,00 €
Stock final : 70 × 15,50 € 1 085,00 €
Coût moyen pondéré
Coût unitaire moyen : 4 850,00 / 350 13,857 €
Coût des sorties : 280 × 13,857 3 880,00 €
Stock final : 70 × 13,857 970,00 €
L’écart
PEPS CUMP Écart
Coût des sorties 3 765,00 € 3 880,00 € − 115,00 €
Stock final 1 085,00 € 970,00 € + 115,00 €
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Total 4 850,00 € 4 850,00 € 0,00 €
Le total est identique, forcément : c’est la même marchandise. Mais la répartition entre ce qui est consommé et ce qui reste change, et cette répartition est exactement ce qui détermine le résultat.
L’effet sur le résultat, et sur l’impôt
Le stock final est un actif : plus il est élevé, plus le résultat est élevé, parce que la marchandise restante n’est pas une charge de l’exercice.
Stock final en premier entré premier sorti 1 085,00 €
Stock final en coût moyen pondéré 970,00 €
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Résultat supérieur de 115,00 €
Impôt correspondant, à un taux de 25 % 28,75 €
Vingt-huit euros et soixante-quinze centimes, sur un seul article. Rapporté à un stock de plusieurs centaines de références, l’écart devient significatif, et il porte sur un résultat qui n’a pourtant rien de différent dans la réalité économique.
Il faut donc bien comprendre ce que cet écart est, et ce qu’il n’est pas. Il ne crée pas de richesse et il ne fait pas disparaître d’impôt. Ce qui n’est pas imposé cette année le sera l’année suivante, quand la marchandise sortira. La méthode décale, elle n’efface pas.
Pourquoi le choix ne se fait pas sur le résultat
En période de hausse des prix, le premier entré premier sorti donne un résultat supérieur. On en déduit parfois qu’il faut choisir le coût moyen pondéré pour payer moins d’impôt.
Le raisonnement a deux défauts.
Il ne vaut que pendant la hausse. Dès que les prix d’achat baissent, l’effet s’inverse, et on se retrouve enfermé dans la méthode choisie pour de mauvaises raisons.
On ne peut pas en changer. Le principe de permanence des méthodes, posé par le code de commerce, interdit de modifier les méthodes d’évaluation d’un exercice à l’autre, sauf changement exceptionnel dans la situation de l’entreprise. Un changement doit être justifié et mentionné en annexe, et le motiver par la recherche d’un résultat plus favorable est précisément ce que le principe interdit.
Le bon critère est ailleurs : quelle méthode reflète le mieux votre réalité physique ? Un commerce qui écoule ses lots dans l’ordre d’arrivée, ce qui est le cas dès qu’il y a une date de péremption, décrit sa réalité avec le premier entré premier sorti. Un négoce de matières où les lots se mélangent physiquement la décrit avec le coût moyen pondéré.
Dans OrgaVision
La méthode de valorisation est un réglage de l’entreprise, pas un choix fait à chaque inventaire. Ce réglage est unique et s’applique aux valorisations : c’est ce qui rend la permanence des méthodes tenable sans y penser.
L’état de valorisation détaille, par article, la quantité en stock, le coût unitaire retenu et la valeur, avec les totaux par catalogue et par gamme.
La valeur de réalisation probable se saisit article par article quand elle est inférieure au coût, et la provision qui en découle est calculée à partir de ces valeurs. C’est le sujet du dossier sur le stock qui ne vaut plus son prix.