L’obligation, et sa raison d’être
Le code de la consommation impose, pour les produits vendus au poids, au volume, à la longueur ou à la surface, l’affichage du prix à l’unité de mesure à côté du prix de vente, de façon également lisible.
La raison est simple : sans lui, un consommateur ne peut pas comparer un pot de 330 g à 4,29 € et un pot de 500 g à 6,15 €. Le second paraît plus cher, il est en réalité moins cher au kilo.
Pot de 330 g à 4,29 € → 4,29 / 0,330 = 13,00 € le kilo
Pot de 500 g à 6,15 € → 6,15 / 0,500 = 12,30 € le kilo
C’est exactement pour empêcher ce genre d’illusion que l’affichage est obligatoire, et c’est aussi pourquoi les formats non standards se multiplient.
Les unités normalisées
L’unité de référence n’est pas au choix du commerçant.
| Nature du produit | Unité de référence |
|---|---|
| Solides | le kilogramme |
| Liquides | le litre |
| Longueurs | le mètre |
| Surfaces | le mètre carré |
| Volumes autres que liquides | le mètre cube |
Afficher un prix « aux 100 g » quand le voisin affiche au kilo empêche la comparaison, donc manque l’objectif. L’unité normalisée est ce qui rend deux étiquettes comparables d’un coup d’œil.
Les trois erreurs de conversion
Le calcul est une division. Ce qui se rate, c’est ce qu’on divise.
Les millilitres et les centilitres. Une bouteille de 75 cl fait 0,75 litre, une fiole de 250 ml fait 0,25 litre. La confusion entre les deux facteurs, cent et mille, produit un prix faux d’un facteur dix.
Bouteille 75 cl à 8,90 €
Juste : 8,90 / 0,75 = 11,87 € le litre
Faux : 8,90 / 0,075 = 118,67 € le litre
Les lots. Un lot de trois pots de 330 g contient 990 g. Le prix du lot se divise par 0,990 kg, pas par 0,330.
Lot de 3 × 330 g à 11,40 €
Juste : 11,40 / 0,990 = 11,52 € le kilo
Faux : 11,40 / 0,330 = 34,55 € le kilo
L’erreur fait paraître le lot trois fois plus cher qu’il n’est. Comme un lot est justement un argument de prix, elle se retourne entièrement contre le commerçant.
Le poids net égoutté. Pour les conserves de légumes, d’olives ou de fruits au sirop, c’est le poids net égoutté qui sert de référence quand il est indiqué, et non le poids net total qui comprend le liquide de couverture.
Les promotions, et l’étiquette qu’on oublie
Le prix à l’unité de mesure doit correspondre au prix effectivement payé, réductions immédiates déduites.
Le cas problématique est banal : l’étiquette de promotion est posée par-dessus ou à côté de l’étiquette de rayon, et cette dernière continue d’annoncer l’ancien prix au kilo. Le consommateur lit alors un prix de vente promotionnel et un prix au kilo qui ne lui correspond pas.
C’est le point sur lequel un contrôle porte le plus facilement, parce qu’il se constate sans calcul : il suffit de vérifier que les deux prix affichés sont cohérents entre eux.
En ligne, c’est plus simple qu’en rayon
La vente à distance ne dispense pas de l’information sur les prix, et la fiche produit doit permettre de connaître le prix à l’unité de mesure.
La contrainte est en réalité plus légère : le contenu net est saisi une fois avec la fiche produit, et le prix au kilo se recalcule à chaque changement de prix sans qu’aucune étiquette ne soit à réimprimer. En rayon, un changement de prix impose de refaire les deux mentions, et c’est la seconde qu’on oublie.
Dans OrgaVision
Une fiche article porte son contenu net et son unité, choisie parmi les unités admises. Le prix à l’unité de mesure est calculé à partir de ces deux informations et du prix de vente.
Il apparaît sur la fiche produit et sur les étiquettes imprimées, ce qui garantit que les deux mentions sont issues du même calcul et ne peuvent pas diverger. Un changement de prix les met à jour ensemble.
Un article dont le contenu net n’est pas renseigné n’affiche aucun prix à l’unité de mesure, plutôt qu’un chiffre approximatif : un prix au kilo faux est pire qu’un prix au kilo absent, parce qu’il se lit comme une information vérifiée.