Trois cadres, trois logiques
Un cadre de prix est un formulaire fourni par l’acheteur. Il en existe trois familles, et les confondre conduit à chiffrer à côté.
La décomposition du prix global et forfaitaire, ou DPGF, accompagne un marché à prix global et forfaitaire. Vous vous engagez sur un total ; le détail sert à justifier ce total et, plus tard, à valoriser l’avancement des situations. Une quantité sous-estimée dans le cadre reste à votre charge.
Le bordereau de prix unitaires, ou BPU, accompagne un marché à prix unitaires. Vous vous engagez sur des prix à l’unité ; les volumes réels seront ceux des commandes. Le prix est contractuel, la quantité ne l’est pas.
Le détail quantitatif estimatif, ou DQE, applique des quantités estimées par l’acheteur aux prix du bordereau. Il ne sert qu’à comparer les offres entre elles. Il n’engage généralement personne sur les volumes, ce qui n’empêche pas certains candidats de bâtir toute leur stratégie de prix dessus, avec des résultats variables.
La règle unique : on ne refait pas le cadre
Le cadre reçu se remplit, il ne se réécrit pas. Trois gestes rendent une offre irrégulière, et ils sont commis de bonne foi.
Ajouter ou supprimer une ligne. Même pour préciser, même pour être plus complet. Le cadre existe pour que les offres soient comparables ligne à ligne ; une ligne en plus casse la comparaison.
Changer une quantité ou une unité. Même quand elles sont manifestement fausses. La bonne réaction est la question à l’acheteur, dans le délai du règlement.
Modifier la structure du fichier. Insérer une colonne, changer l’ordre, renuméroter. Certains acheteurs dépouillent avec des tableurs qui attendent la structure exacte.
Ces trois gestes ont la même parade : une question posée dans le délai prévu, dont la réponse est diffusée à tous les candidats et rejoint le dossier. C’est la seule voie qui corrige un cadre sans fragiliser l’offre.
Un cadre rempli, lot par lot
Voici la décomposition d’un lot de menuiseries extérieures, telle qu’elle doit être rendue.
LOT 03 — MENUISERIES EXTÉRIEURES
Réf. Désignation U Qté P.U. HT Montant HT
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3.1 INSTALLATION ET DÉPOSE
3.1.1 Dépose des menuiseries existantes U 14 85,00 1 190,00
3.1.2 Évacuation en déchetterie agréée ens 1 340,00 340,00
3.2 FOURNITURE ET POSE
3.2.1 Fenêtre 2 vantaux alu 120×135, Uw ≤ 1,3 U 8 742,00 5 936,00
3.2.2 Porte-fenêtre 2 vantaux alu 180×215 U 3 1 265,00 3 795,00
3.2.3 Châssis fixe alu 80×60 U 3 398,00 1 194,00
3.3 FINITIONS
3.3.1 Calfeutrement et joints périphériques ml 96 18,50 1 776,00
3.3.2 Habillage intérieur de tableau ml 96 31,00 2 976,00
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TOTAL LOT 03 (HT) 17 207,00
Ce qui rend ce cadre correct :
- la numérotation et les libellés sont ceux de l’acheteur, repris tels quels ;
- aucune ligne n’est vide, et aucune n’a été ajoutée ;
- les unités sont respectées : « ens » pour un ensemble, « ml » pour un mètre linéaire, « U » pour une unité. Chiffrer au mètre carré une ligne exprimée en mètre linéaire fausse tout, et l’erreur est fréquente sur les habillages ;
- chaque montant est le produit de la quantité par le prix unitaire, et le total est la somme exacte des lignes.
Ce dernier point mérite un contrôle systématique après la dernière retouche de prix. Un cadre qui a été modifié cinq fois en trois jours finit souvent avec un total qui ne suit plus.
Ce que le cadre devient après l’attribution
Le DPGF ne disparaît pas à la signature : il devient l’ossature de la facturation du chantier. C’est lui qui donne les lots, leurs montants et donc l’assiette des situations.
Un cadre détaillé se valorise finement ; un cadre grossier oblige à réinventer une décomposition au moment de la première situation, et cette décomposition-là ne sera pas contractuelle. Voir le dossier sur le calcul d’une situation de travaux.
C’est un argument pour soigner le cadre même lorsque l’acheteur laisse de la latitude : il servira douze fois après l’avoir rempli une fois.
Dans OrgaVision
Avec le module optionnel Appel d’offres IA, qui s’ajoute à l’abonnement et s’active depuis la gestion d’abonnement sur le web, le cadre de prix du dossier s’importe pour devenir un devis de marché à chiffrer.
Ce que ça change concrètement : les lignes, leurs unités et leurs quantités arrivent telles qu’elles sont au dossier, et vous les chiffrez depuis votre bibliothèque d’ouvrages. La structure imposée est préservée, puisqu’elle n’a pas été ressaisie.
Le devis obtenu est un devis ordinaire : il porte votre marge, il se relit, il se compare. Et s’il devient un marché, son cadre de prix ouvre le chantier avec ses lots déjà en place, prêts à porter les situations.