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Le cadre de prix, et les trois façons de rendre son offre non conforme

Un DPGF est un formulaire imposé. Ajouter une ligne, corriger une quantité qu'on juge fausse ou laisser un poste vide sont trois manières d'être écarté sans que le prix soit regardé. La bonne réaction existe pour chacune, et elle passe par une question à l'acheteur.

Ingénieur Arts & Métiers, docteur en génie des matériaux Mis à jour le 16 August 2026

Trois cadres, trois logiques

Un cadre de prix est un formulaire fourni par l’acheteur. Il en existe trois familles, et les confondre conduit à chiffrer à côté.

La décomposition du prix global et forfaitaire, ou DPGF, accompagne un marché à prix global et forfaitaire. Vous vous engagez sur un total ; le détail sert à justifier ce total et, plus tard, à valoriser l’avancement des situations. Une quantité sous-estimée dans le cadre reste à votre charge.

Le bordereau de prix unitaires, ou BPU, accompagne un marché à prix unitaires. Vous vous engagez sur des prix à l’unité ; les volumes réels seront ceux des commandes. Le prix est contractuel, la quantité ne l’est pas.

Le détail quantitatif estimatif, ou DQE, applique des quantités estimées par l’acheteur aux prix du bordereau. Il ne sert qu’à comparer les offres entre elles. Il n’engage généralement personne sur les volumes, ce qui n’empêche pas certains candidats de bâtir toute leur stratégie de prix dessus, avec des résultats variables.

La règle unique : on ne refait pas le cadre

Le cadre reçu se remplit, il ne se réécrit pas. Trois gestes rendent une offre irrégulière, et ils sont commis de bonne foi.

Ajouter ou supprimer une ligne. Même pour préciser, même pour être plus complet. Le cadre existe pour que les offres soient comparables ligne à ligne ; une ligne en plus casse la comparaison.

Changer une quantité ou une unité. Même quand elles sont manifestement fausses. La bonne réaction est la question à l’acheteur, dans le délai du règlement.

Modifier la structure du fichier. Insérer une colonne, changer l’ordre, renuméroter. Certains acheteurs dépouillent avec des tableurs qui attendent la structure exacte.

Ces trois gestes ont la même parade : une question posée dans le délai prévu, dont la réponse est diffusée à tous les candidats et rejoint le dossier. C’est la seule voie qui corrige un cadre sans fragiliser l’offre.

Un cadre rempli, lot par lot

Voici la décomposition d’un lot de menuiseries extérieures, telle qu’elle doit être rendue.

LOT 03 — MENUISERIES EXTÉRIEURES

Réf.    Désignation                                  U      Qté     P.U. HT     Montant HT
─────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────
3.1     INSTALLATION ET DÉPOSE
3.1.1   Dépose des menuiseries existantes            U        14      85,00       1 190,00
3.1.2   Évacuation en déchetterie agréée           ens         1     340,00         340,00

3.2     FOURNITURE ET POSE
3.2.1   Fenêtre 2 vantaux alu 120×135, Uw ≤ 1,3      U         8     742,00       5 936,00
3.2.2   Porte-fenêtre 2 vantaux alu 180×215          U         3   1 265,00       3 795,00
3.2.3   Châssis fixe alu 80×60                       U         3     398,00       1 194,00

3.3     FINITIONS
3.3.1   Calfeutrement et joints périphériques        ml       96      18,50       1 776,00
3.3.2   Habillage intérieur de tableau               ml       96      31,00       2 976,00
─────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────
                                            TOTAL LOT 03 (HT)                    17 207,00

Ce qui rend ce cadre correct :

  • la numérotation et les libellés sont ceux de l’acheteur, repris tels quels ;
  • aucune ligne n’est vide, et aucune n’a été ajoutée ;
  • les unités sont respectées : « ens » pour un ensemble, « ml » pour un mètre linéaire, « U » pour une unité. Chiffrer au mètre carré une ligne exprimée en mètre linéaire fausse tout, et l’erreur est fréquente sur les habillages ;
  • chaque montant est le produit de la quantité par le prix unitaire, et le total est la somme exacte des lignes.

Ce dernier point mérite un contrôle systématique après la dernière retouche de prix. Un cadre qui a été modifié cinq fois en trois jours finit souvent avec un total qui ne suit plus.

Ce que le cadre devient après l’attribution

Le DPGF ne disparaît pas à la signature : il devient l’ossature de la facturation du chantier. C’est lui qui donne les lots, leurs montants et donc l’assiette des situations.

Un cadre détaillé se valorise finement ; un cadre grossier oblige à réinventer une décomposition au moment de la première situation, et cette décomposition-là ne sera pas contractuelle. Voir le dossier sur le calcul d’une situation de travaux.

C’est un argument pour soigner le cadre même lorsque l’acheteur laisse de la latitude : il servira douze fois après l’avoir rempli une fois.

Dans OrgaVision

Avec le module optionnel Appel d’offres IA, qui s’ajoute à l’abonnement et s’active depuis la gestion d’abonnement sur le web, le cadre de prix du dossier s’importe pour devenir un devis de marché à chiffrer.

Ce que ça change concrètement : les lignes, leurs unités et leurs quantités arrivent telles qu’elles sont au dossier, et vous les chiffrez depuis votre bibliothèque d’ouvrages. La structure imposée est préservée, puisqu’elle n’a pas été ressaisie.

Le devis obtenu est un devis ordinaire : il porte votre marge, il se relit, il se compare. Et s’il devient un marché, son cadre de prix ouvre le chantier avec ses lots déjà en place, prêts à porter les situations.

Remplir un cadre de prix sans se faire écarter

Le cadre reçu est un formulaire : on le remplit, on ne le refait pas.

  1. 1

    Ouvrir le cadre sans en modifier la structure

    Les lignes, leur numérotation, leurs unités et leurs quantités sont celles de l'acheteur. Elles servent à comparer les offres entre elles : les changer rend la comparaison impossible, donc l'offre irrégulière.

  2. 2

    Vérifier les quantités, et poser une question si elles sont fausses

    Sur un marché forfaitaire, une quantité sous-estimée est à votre charge. On ne la corrige pas dans le cadre : on interroge l'acheteur avant la date limite de questions, et sa réponse vaut pour tous.

  3. 3

    Chiffrer chaque ligne, sans en laisser aucune vide

    Une ligne vide se lit comme une omission et peut faire écarter l'offre. Une prestation réellement incluse ailleurs se chiffre à zéro avec une mention explicite, jamais par un blanc.

  4. 4

    Contrôler la cohérence des totaux

    Le total du cadre doit correspondre au montant porté à l'acte d'engagement, au centime. Un écart, même d'un euro, ouvre une discussion qu'on ne veut pas avoir à l'ouverture des plis.

  5. 5

    Enregistrer au format demandé

    Le règlement précise le format attendu. Un tableur rendu en PDF quand un tableur était demandé, ou l'inverse, se transforme en pièce non conforme.

Questions fréquentes

Quelle différence entre DPGF, BPU et DQE ?
La décomposition du prix global et forfaitaire détaille comment se compose un forfait : le total est l'engagement, le détail sert à le justifier et à valoriser les situations. Le bordereau de prix unitaires fixe des prix à l'unité, sans quantité garantie : c'est le prix qui est contractuel, pas le volume. Le détail quantitatif estimatif applique des quantités estimées par l'acheteur au bordereau, uniquement pour comparer les offres entre elles ; il n'engage généralement personne sur les volumes.
La quantité annoncée est manifestement fausse. Je la corrige ?
Non, jamais dans le cadre. Deux raisons : l'offre cesse d'être comparable, et vous vous engagez sur un chiffre qui n'est pas celui du dossier. La marche à suivre est de poser la question à l'acheteur avant la date limite prévue au règlement. Sa réponse est diffusée à tous les candidats et devient une pièce du dossier. Si la question arrive trop tard pour être traitée, il reste à chiffrer le risque, pas à réécrire le cadre.
Puis-je laisser une ligne à zéro ?
Oui, mais jamais vide, et jamais sans explication. Zéro veut dire que la prestation est due sans supplément, et vous devrez l'exécuter à ce prix. Une ligne blanche, elle, est ambiguë : selon l'acheteur, elle se lit comme un oubli et rend l'offre incomplète. Si un poste est réellement inclus dans un autre, on écrit zéro et on l'indique en observation, en désignant la ligne qui le porte.
Sur un marché forfaitaire, qui supporte une erreur de quantité ?
L'entreprise, et c'est le propre du forfait. Le prix global couvre l'ouvrage tel que décrit, quantités réelles comprises. C'est aussi la raison pour laquelle l'article 1793 du code civil ferme la porte aux suppléments non écrits : sur un marché à forfait, tout ce qui n'a pas été autorisé par écrit et chiffré ne se paie pas. Le métré préalable n'est donc pas une formalité, c'est la maîtrise du risque.
Le total du DPGF doit-il correspondre exactement à l'acte d'engagement ?
Oui, au centime. Un écart entre la somme du cadre et le montant de l'acte d'engagement crée une contradiction entre deux pièces contractuelles. Selon les cas, l'acheteur demandera une explication, retiendra le montant de l'acte, ou écartera l'offre. Le contrôle prend deux minutes et il se fait toujours après la dernière modification de prix, pas avant.
L'acheteur peut-il me demander de corriger mon cadre après l'ouverture ?
Il peut demander des précisions ou, dans certains cas, la régularisation d'une offre irrégulière, mais il ne peut jamais permettre d'en modifier le contenu de fond, notamment le prix. La frontière entre précision et modification est étroite, et elle penche du côté de l'égalité entre candidats. Autrement dit : ce qui est remis est ce qui sera jugé.
DJ

Dimitri Jacquin

Fondateur OrgaVision · Spécialiste le logiciel de gestion btp qui suit vos artisans sur le chantier

Développeur et entrepreneur, je conçois OrgaVision pour qu'un dirigeant de PME passe moins de temps sur l'administratif et plus de temps sur son cœur de métier.

Mis à jour le 16 August 2026

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