Deux dossiers, deux logiques
Une réponse à un marché public se compose de deux ensembles qu’on a intérêt à ne pas mélanger.
La candidature répond à une question : ai-je le droit et la capacité de faire ce chantier ? Elle rassemble les formulaires, les attestations, les références, les qualifications.
L’offre répond à une autre question : que proposez-vous, à quel prix ? Elle rassemble l’acte d’engagement, le cadre de prix rempli et le mémoire technique.
La première se juge en admission ou en rejet. La seconde se note. C’est pourquoi tout l’effort utile va au mémoire, et pourquoi la candidature doit surtout être complète et exacte.
Les quatre formulaires, et ce qu’ils ne sont pas
| Formulaire | Ce qu’il porte | Ensemble |
|---|---|---|
| DC1 | lettre de candidature, désignation du mandataire | candidature |
| DC2 | déclaration du candidat : capacités, références | candidature |
| DC4 | déclaration de sous-traitance | candidature ou exécution |
| ATTRI1 | acte d’engagement : l’offre signée | offre |
Le point que beaucoup ignorent : ces formulaires sont des modèles facultatifs. L’administration les met à disposition pour simplifier la vie de tout le monde, mais un acheteur ne peut pas imposer leur usage, et le document unique de marché européen peut les remplacer.
Les remplir reste néanmoins le chemin le plus court dans la grande majorité des cas : ils sont attendus, ils sont structurés, et ils évitent d’oublier une mention.
Attention à l’ATTRI1, qui n’est pas de la même nature que les trois autres : c’est l’offre elle-même. Son montant doit correspondre au centime au total du cadre de prix. Voir le dossier sur le cadre DPGF.
Ce qu’on ne fournit qu’à la fin
Une idée fausse coûte du temps à chaque réponse : celle qu’il faudrait joindre dès la remise toutes les attestations fiscales et sociales.
Au stade de la candidature, une déclaration sur l’honneur suffit : le candidat atteste ne pas se trouver dans un cas d’interdiction de soumissionner. Les certificats ne sont réclamés qu’au candidat auquel il est envisagé d’attribuer le marché.
Ce qui compte alors, ce n’est pas de les avoir joints d’avance, c’est qu’ils soient valides au moment où on les demandera. Une attestation de vigilance a une durée de validité courte, une attestation d’assurance décennale se renouvelle chaque année. Un candidat retenu qui met trois semaines à produire ses pièces perd parfois le marché au profit du suivant.
Le mémoire : le plan se recopie du règlement
C’est le conseil le plus rentable de ce dossier, et il n’a rien de technique.
Le règlement de la consultation détaille comment la valeur technique sera notée. Il énonce des sous-critères, souvent avec leur poids : « moyens humains affectés au chantier 30 %, méthodologie d’exécution 30 %, organisation du chantier et gestion des déchets 20 %, planning 20 % ».
Ces sous-critères, dans cet ordre, sont le plan du mémoire.
La raison est simple : la personne qui note a une grille devant elle, et elle attribue les points sous-critère par sous-critère. Un mémoire organisé autrement l’oblige à chercher dans le document ce qui correspond à chaque case. Ce qu’elle ne trouve pas ne rapporte rien, même si c’est écrit quelque part.
Deux corollaires.
La longueur se dose sur la pondération. Six pages sur un sous-critère à 10 % et deux sur un sous-critère à 40 % signalent qu’on n’a pas lu la grille.
Chaque partie parle de ce chantier. Les hommes nommés qui y seront affectés, le matériel qui y sera présent, le planning de cette intervention, la gestion des déchets de ce site. Une plaquette d’entreprise, si belle soit-elle, ne répond à aucun sous-critère.
Avant de déposer
Le règlement liste les pièces attendues. Cette liste se coche, littéralement, pièce par pièce. Une pièce manquante peut parfois être régularisée à la demande de l’acheteur, parfois non, et cette distinction ne se découvre pas au bon moment.
Le dépôt se fait sur la plateforme de dématérialisation de l’acheteur, obligatoire au-delà d’un seuil que le règlement rappelle. On dépose la veille, pas dans la dernière heure : les pièces d’un dossier de travaux sont lourdes, les plateformes sont chargées aux dates limites, et l’horodatage ne se négocie pas. Voir le dossier sur la lecture d’un dossier de consultation.
Dans OrgaVision
Le module optionnel Appel d’offres IA s’ajoute à l’abonnement et s’active depuis la gestion d’abonnement sur le web.
Le mémoire technique se rédige section par section, pré-rempli depuis vos données réelles : l’effectif et l’encadrement viennent de vos fiches salariés, les moyens matériels de votre catalogue, les références de vos chantiers livrés. Vous relisez et ajustez chaque section, rien ne part sans votre validation.
Le pack administratif sort pré-rempli à partir des mêmes informations : DC1, DC2, ATTRI1, DC4.
L’assemblage du pli réunit les pièces et produit la liste de ce qui est attendu, à cocher avant de déposer. Le dépôt lui-même se fait sur la plateforme de l’acheteur : nous n’y sommes pas raccordés et nous ne déposons rien à votre place.
En revanche, un marché gagné ouvre le chantier : le cadre de prix devient celui de l’affaire, et les situations, la retenue et le décompte général suivent sans ressaisie.