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Dossier métier · Le logiciel qui suit vos baux, vos loyers et vos états des lieux

Réviser un loyer : la formule, et l'oubli qui coûte l'année

Un bailleur qui laisse passer plus d'un an est réputé avoir renoncé à la révision pour l'année écoulée. Il ne peut pas rattraper. La formule tient en une ligne, et l'échéance est la seule chose difficile à tenir.

Ingénieur Arts & Métiers, docteur en génie des matériaux Mis à jour le 16 August 2026

Ce que dit la loi

La révision d’un loyer d’habitation est régie par l’article 17-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Trois règles en découlent, et chacune bloque quelque chose.

Il faut une clause. Sans clause de révision au bail, le loyer ne bouge pas de tout le contrat. Ce n’est pas une omission rattrapable : la révision ne se présume pas.

L’augmentation est plafonnée par la variation de l’indice de référence des loyers. Le bailleur ne fixe pas le nouveau loyer, il applique une formule.

Le bailleur doit manifester sa volonté d’appliquer la révision. Et voici la phrase qui coûte cher : à défaut de l’avoir fait dans un délai d’un an suivant la date de prise d’effet de la révision, il est réputé avoir renoncé au bénéfice de cette clause pour l’année écoulée.

Autrement dit : la révision ne se rattrape pas. Elle n’est pas rétroactive, et l’année oubliée est perdue.

La formule

                        indice de référence, année en cours
Nouveau loyer = Loyer × ───────────────────────────────────
                        indice de référence, année précédente

Le loyer utilisé est le loyer hors charges. Le trimestre de référence est celui inscrit au bail, et il ne change jamais pendant toute la durée du contrat.

Un exemple, avec des valeurs d’illustration

⚠️ Les deux valeurs d’indice ci-dessous sont fictives, choisies rondes pour que le calcul se lise. L’indice de référence des loyers est publié chaque trimestre par l’Institut national de la statistique et des études économiques, et c’est à cette publication qu’il faut prendre les valeurs réelles. Un indice périmé produit un loyer faux, donc contestable, et le bailleur n’a aucun moyen de s’en apercevoir seul.

Bail signé le 1er juillet, trimestre de référence : deuxième trimestre. Loyer hors charges : 780 €.

Loyer en cours (hors charges)                        780,00 €
Indice 2ᵉ trimestre, année précédente (illustration)   140,00
Indice 2ᵉ trimestre, année en cours   (illustration)   143,50

Nouveau loyer = 780,00 × 143,50 / 140,00             799,50 €
─────────────────────────────────────────────────────────────
Augmentation                                          19,50 €   (+ 2,5 %)

L’année suivante, et l’erreur qui double l’inflation

La deuxième révision est celle où l’on se trompe.

Ce qu’il faut faire : comparer l’indice du même trimestre de l’année suivante à celui qui vient d’être utilisé au numérateur, et l’appliquer au loyer révisé.

Loyer en cours                                       799,50 €
Indice année en cours (celui de la révision passée)    143,50
Indice année suivante              (illustration)      147,10

Nouveau loyer = 799,50 × 147,10 / 143,50             819,56 €

Ce qu’il ne faut pas faire : garder l’indice de la signature au dénominateur tout en appliquant le résultat au loyer déjà révisé.

799,50 × 147,10 / 140,00 = 840,04 €     ← faux, + 20 € de trop

Cette erreur compte deux fois la même inflation. Elle est mécanique dès qu’on note quelque part « indice de référence du bail » et qu’on ne le met jamais à jour. La bonne façon de le dire : le dénominateur est l’indice de la dernière révision, pas celui de la signature.

Une quittance porte le loyer du mois qu’elle couvre

Conséquence directe et souvent négligée : une quittance établie pour un mois antérieur à une révision porte le loyer de ce mois-là.

Si une révision prend effet au 1er juillet et qu’on édite en septembre la quittance de mai, elle doit porter l’ancien loyer. Recalculer au loyer courant fausse le document, et il s’agit d’un document que le locataire conserve et produit, notamment pour ses aides au logement.

C’est pourquoi une révision se conserve avec sa date d’effet, et pas seulement comme un nouveau montant qui remplace l’ancien.

Dans OrgaVision

Le bail porte son trimestre de référence, la valeur d’indice correspondante et son mois de révision. Aucune valeur d’indice n’est écrite dans le logiciel : elle est publiée chaque trimestre, un indice gravé serait faux dès la publication suivante, et un indice périmé produit un loyer illégal. C’est vous qui saisissez la valeur, celle qui figure sur votre bail puis celle de la publication en vigueur.

Le calcul se fait côté serveur, à un seul endroit. Avant d’appliquer, vous obtenez le montant que produira la révision : l’écran affiche exactement ce qui sera enregistré, plutôt que de vous demander de faire confiance.

Une fois appliquée, la nouvelle valeur d’indice devient la référence de la révision suivante. C’est ce qui évite l’erreur décrite plus haut, et ce n’est pas à vous d’y penser.

Les révisions successives forment un historique daté. Une quittance établie pour un mois passé y sélectionne le loyer en vigueur ce mois-là, elle ne le recalcule pas.

Réviser un loyer d'habitation

Cinq étapes. La première se fait une fois pour toutes, à la lecture du bail.

  1. 1

    Vérifier que le bail comporte une clause de révision

    Sans clause, aucune révision n'est possible en cours de bail. C'est la première chose à lire, et elle ne se présume pas.

  2. 2

    Relever le trimestre de référence et la date de révision

    Les deux figurent au bail. Le trimestre de référence est celui dont l'indice sert au calcul ; la date de révision est celle où la nouvelle valeur s'applique.

  3. 3

    Relever les deux valeurs d'indice publiées

    Celle du trimestre de référence de l'année en cours, et celle du même trimestre de l'année précédente. Elles se prennent à la source publiée, jamais dans un document ancien.

  4. 4

    Appliquer la formule

    Nouveau loyer = loyer en cours × indice de l'année en cours ÷ indice de l'année précédente. Le loyer utilisé est le loyer hors charges.

  5. 5

    Notifier le locataire, dans l'année

    La révision doit être demandée dans l'année qui suit sa date de prise d'effet. Passé ce délai, elle est perdue pour l'année écoulée et ne se rattrape pas.

Questions fréquentes

Le loyer se révise-t-il automatiquement chaque année ?
Non, deux conditions doivent être réunies. Il faut d'abord que le bail comporte une clause de révision : sans elle, le loyer est figé pour toute la durée du bail. Il faut ensuite que le bailleur manifeste sa volonté d'appliquer la révision. L'article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989 est explicite sur ce second point : à défaut de l'avoir fait dans un délai d'un an suivant la date de prise d'effet, le bailleur est réputé avoir renoncé au bénéfice de la clause pour l'année écoulée.
Puis-je rattraper trois ans de révisions oubliées ?
Non. Chaque année perdue l'est définitivement, et la révision ne joue pas rétroactivement. Concrètement, un bailleur qui se réveille au bout de trois ans peut appliquer la révision pour l'année en cours, à condition d'être encore dans le délai d'un an suivant sa date d'effet, mais il ne récupère ni les deux années précédentes ni l'effet cumulé qu'elles auraient produit sur le loyer d'aujourd'hui.
Quel indice utiliser, et où le trouver ?
L'indice de référence des loyers, publié chaque trimestre par l'Institut national de la statistique et des études économiques. Le trimestre à retenir est celui inscrit à votre bail, et il ne change jamais pendant toute la durée du contrat. La valeur, elle, se prend à la publication en vigueur : un indice recopié d'un document de l'an dernier produit un loyer faux, donc une révision contestable.
Quelle valeur devient la référence de la révision suivante ?
Celle qui vient d'être utilisée au numérateur. L'année prochaine, le calcul comparera l'indice du même trimestre de l'année prochaine à celui d'aujourd'hui, et il s'appliquera au loyer révisé. Repartir de l'indice de la signature en l'appliquant au loyer déjà révisé compte deux fois la même inflation, et produit un loyer que le locataire est fondé à contester.
Le loyer révisé se calcule-t-il sur le loyer avec ou sans les charges ?
Sur le loyer hors charges, toujours. Les charges ne sont pas un loyer : ce sont des dépenses récupérables, régularisées séparément sur justificatifs. Appliquer l'indice au loyer charges comprises revient à augmenter les charges par un indice qui ne les concerne pas, et cette erreur se retrouve dans un nombre étonnant de quittances.
Que faire si le locataire conteste le montant révisé ?
Reprendre le calcul avec lui, valeurs à l'appui : les deux indices publiés, leur trimestre, le loyer hors charges avant révision. Une révision correctement calculée et notifiée dans le délai se justifie en trois lignes. Si le désaccord persiste, la commission départementale de conciliation peut être saisie avant toute action judiciaire, et cette étape est gratuite.
DJ

Dimitri Jacquin

Fondateur OrgaVision · Spécialiste le logiciel qui suit vos baux, vos loyers et vos états des lieux

Développeur et entrepreneur, je conçois OrgaVision pour qu'un dirigeant de PME passe moins de temps sur l'administratif et plus de temps sur son cœur de métier.

Mis à jour le 16 August 2026

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