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Caution, Visale, assurance : trois garanties, et une règle de non-cumul

Demander une caution alors qu'on a souscrit une assurance loyers impayés est interdit, sauf pour un étudiant ou un apprenti. Beaucoup de bailleurs le font quand même, et découvrent au moment d'actionner que leur cautionnement ne vaut rien.

Ingénieur Arts & Métiers, docteur en génie des matériaux Mis à jour le 16 August 2026

Trois mécanismes, trois natures juridiques

On les cite ensemble, et ils ne sont pas de même nature.

  Nature Qui s’engage Qui paie
Caution solidaire cautionnement un proche du locataire la caution, dès le premier impayé
Visale cautionnement Action Logement l’organisme, dans les limites du dispositif
Assurance loyers impayés contrat d’assurance un assureur l’assureur, après franchise et carence

Les deux premières sont des cautionnements. La troisième est une assurance. Cette distinction, qui paraît formelle, commande toute la suite.

La règle de non-cumul

L’article 22-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 est net :

Le cautionnement ne peut pas être demandé par un bailleur qui a souscrit une assurance, ou toute autre forme de garantie, garantissant les obligations locatives du locataire, sauf en cas de logement loué à un étudiant ou un apprenti.

Autrement dit : assurance loyers impayés et cautionnement ne se cumulent pas, hors le cas de l’étudiant et de l’apprenti.

Et comme Visale est un cautionnement et non une assurance, elle entre dans le champ de cette règle : un bailleur assuré ne peut pas demander en plus une caution, qu’elle soit familiale ou institutionnelle.

Le bailleur qui cumule ne gagne rien et perd deux fois. Il paie des primes, et il détient un cautionnement dont l’efficacité est compromise au moment précis où il voudrait l’actionner. Le choix se fait donc en amont : soit on assure, soit on cautionne.

Choisir, et sur quels critères

La caution d’un proche ne coûte rien et se mobilise vite, mais sa solidité dépend entièrement de la personne. Elle suppose aussi d’accepter que le recouvrement se fasse contre un parent du locataire, ce qui est un choix humain autant que juridique.

Visale ne coûte rien non plus, à personne, et l’engagement est celui d’un organisme et non d’un particulier. C’est le locataire qui en fait la demande, avant la signature du bail : un bailleur ne peut pas l’obtenir seul, ni après coup. Le périmètre couvert et les plafonds sont fixés par le dispositif et évoluent ; ils se vérifient à la source au moment de la demande.

L’assurance loyers impayés couvre un périmètre plus large, souvent les dégradations et les frais de procédure, mais elle a un coût, exprimé en pourcentage du loyer charges comprises, et surtout elle sélectionne le locataire. Un dossier accepté par le bailleur et refusé par l’assureur laisse le bail sans garantie du tout, alors que le bailleur se croyait couvert.

Le point de vigilance est là : l’assurance doit être accordée avant la signature, pas après.

Le formalisme du cautionnement, qui ne pardonne pas

Un acte de cautionnement irrégulier ne se rattrape pas après l’impayé. Trois exigences.

La mention apposée par la caution elle-même. Depuis la réforme du droit des sûretés entrée en vigueur en 2022, l’article 2297 du code civil impose que la caution personne physique écrive elle-même qu’elle s’engage à payer ce que doit le locataire en cas de défaillance, dans la limite d’un montant en principal et accessoires exprimé en toutes lettres et en chiffres.

L’annexion d’une copie du bail à l’acte. La caution doit savoir précisément ce qu’elle garantit.

L’indication de la durée de l’engagement. À défaut de durée déterminée, la caution peut résilier unilatéralement, la résiliation prenant effet au terme du bail en cours.

Une garantie sans date de fin court toujours

C’est une erreur de lecture fréquente, et elle joue contre le bailleur.

L’absence de date de fin ne vaut pas expiration. Un cautionnement sans terme continue de produire effet tant que rien n’y a mis fin. Beaucoup de bailleurs, ne trouvant pas de date, concluent qu’ils ne sont plus couverts et renoncent à actionner une garantie parfaitement valable.

L’inverse est vrai aussi : quand une date existe, elle doit être suivie. Une garantie qui expire pendant un bail de trois ans laisse une période découverte que personne ne remarque, sauf le jour de l’impayé.

Ce que la garantie ne remplace pas

Une garantie couvre les loyers impayés. Elle ne couvre pas les dégradations au-delà de ce que son contrat prévoit, et elle ne dispense en rien du dépôt de garantie ni de l’état des lieux.

C’est même l’inverse : une assurance qui couvre les dégradations demandera l’état des lieux d’entrée et de sortie pour instruire le dossier. Sans eux, l’indemnisation est refusée pour la même raison qu’une retenue serait refusée. Voir le dossier sur l’état des lieux et celui sur le dépôt de garantie.

Dans OrgaVision

Un bail porte ses garanties, chacune avec sa nature, son périmètre et sa date de fin quand elle en a une. Plusieurs garanties peuvent coexister sur un même bail, parce que la situation de fait l’impose parfois, et c’est au bailleur de connaître la règle de non-cumul de l’article 22-1 avant de les demander.

Une caution personne physique est un contact du carnet d’adresses, pas une ligne de texte : c’est quelqu’un qu’on devra joindre, relancer, et à qui on adressera peut-être une mise en demeure.

Les dates de fin sont surveillées, et une garantie sans date de fin est considérée comme courant toujours plutôt que comme expirée. C’est le sens de la loi, et c’est aussi le comportement le moins risqué : le contraire ferait cesser des alertes sur des garanties encore valables.

Questions fréquentes

Puis-je demander une caution ET souscrire une assurance loyers impayés ?
Non, sauf si le logement est loué à un étudiant ou à un apprenti. L'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 interdit au bailleur qui a souscrit une assurance, ou toute autre forme de garantie couvrant les obligations locatives, de demander en plus un cautionnement. Un bailleur qui cumule les deux prend le risque que son cautionnement soit privé d'effet au moment où il en aurait besoin, et il aura payé des primes pour rien.
Quelle différence entre caution simple et caution solidaire ?
Avec une caution simple, le bailleur doit d'abord poursuivre le locataire avant de se retourner vers la caution : celle-ci peut lui opposer le bénéfice de discussion. Avec une caution solidaire, il peut s'adresser directement à la caution dès le premier impayé, sans démarche préalable. C'est pourquoi les baux prévoient presque toujours une caution solidaire, et pourquoi la personne qui signe doit comprendre qu'elle peut être appelée dès le premier mois.
Quel formalisme pour un acte de cautionnement aujourd'hui ?
Depuis la réforme du droit des sûretés entrée en vigueur en 2022, l'article 2297 du code civil impose que la caution personne physique appose elle-même une mention par laquelle elle s'engage à payer ce que doit le débiteur en cas de défaillance, dans la limite d'un montant en principal et accessoires exprimé en toutes lettres et en chiffres. S'y ajoutent les exigences propres au bail d'habitation, notamment l'annexion d'une copie du bail à l'acte. Un cautionnement irrégulier ne se rattrape pas après l'impayé.
Visale, c'est une assurance ?
Non, c'est un cautionnement : Action Logement se porte caution du locataire auprès du bailleur. La distinction n'est pas académique, puisque la règle de non-cumul de l'article 22-1 vise le cautionnement. Elle est gratuite pour les deux parties, elle s'obtient par le locataire avant la signature du bail, et son périmètre comme ses plafonds sont fixés par le dispositif. Ils évoluent : il faut les vérifier à la source au moment de la demande plutôt que de se fier à ce qu'on en savait l'an dernier.
Une garantie sans date de fin est-elle encore valable ?
Oui, tant que rien n'y met fin. L'absence de date de fin ne vaut pas expiration, et c'est une confusion fréquente qui conduit des bailleurs à croire qu'ils ne sont plus couverts. En revanche, un cautionnement à durée indéterminée peut être résilié unilatéralement par la caution, la résiliation prenant effet au terme du bail en cours. La date de fin d'une garantie doit donc être suivie quand elle existe, sans conclure de son absence qu'il n'y a plus rien.
Que couvre exactement une assurance loyers impayés ?
Cela dépend du contrat, et c'est le point à lire avant de signer. Le socle commun est le loyer et les charges impayés, dans la limite d'un plafond et d'une durée. Le reste varie : dégradations locatives, frais de procédure, protection juridique, vacance après expulsion. Les points qui font la différence sont la franchise, le délai de carence, le plafond global et surtout les conditions de solvabilité exigées du locataire à l'entrée. Un dossier accepté par le bailleur mais refusé par l'assureur laisse le bail sans aucune garantie.
DJ

Dimitri Jacquin

Fondateur OrgaVision · Spécialiste le logiciel qui suit vos baux, vos loyers et vos états des lieux

Développeur et entrepreneur, je conçois OrgaVision pour qu'un dirigeant de PME passe moins de temps sur l'administratif et plus de temps sur son cœur de métier.

Mis à jour le 16 August 2026

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