Tout ce qu'il faut savoir
Les pénalités de retard sont dues de plein droit dès le lendemain de l'échéance, sans mise en demeure préalable.
Le vrai problème n’est pas le mauvais payeur
Dans la plupart des petites entreprises, les impayés ne viennent pas de clients de mauvaise foi. Ils viennent de trois causes bien plus banales, et bien plus faciles à corriger.
La facture n’est pas arrivée au bon endroit. Elle est partie à l’interlocuteur du chantier, qui n’est pas le service comptable. Elle attend dans une boîte de réception que personne ne consulte.
Personne ne suit les échéances. L’entreprise sait ce qu’elle a facturé, mais pas ce qui est en retard aujourd’hui. Le sujet remonte quand la trésorerie serre, c’est-à-dire deux mois trop tard.
La relance n’est jamais partie. Par manque de temps, ou par gêne. C’est de loin la cause la plus fréquente, et la seule qui ne coûte rien à corriger.
Une facture relancée dans la semaine se paie dans la grande majorité des cas. La même facture laissée trois mois devient un dossier : l’interlocuteur a changé, le chantier est loin, la prestation se discute, et le client a d’autres priorités. Le temps ne joue jamais pour le créancier.
Étape 1 : le rappel, dès le lendemain de l’échéance
Court, neutre, sans reproche. L’objectif n’est pas de faire pression, c’est de traiter les cas d’oubli et d’erreur d’acheminement, qui représentent l’essentiel des retards.
Ce qu’il doit contenir : le numéro de facture, son montant, sa date d’échéance dépassée, et la facture elle-même en pièce jointe. Ce qu’il ne doit pas contenir : d’excuses de votre part. Vous réclamez ce qui vous est dû à une date convenue.
Le canal compte autant que le texte. Un courriel au bon destinataire vaut mieux qu’un appel à quelqu’un qui n’a pas la main sur les paiements. C’est le moment de vérifier à qui, exactement, vos factures doivent être adressées.
Étape 2 : la relance ferme, à J+15
Cette fois, vous rappelez ce que prévoit la loi, et vous le faites sans agressivité parce que ce sont des faits.
Les pénalités de retard sont dues de plein droit, dès le premier jour, sans qu’aucune relance ne soit nécessaire. Elles comprennent :
- une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros par facture en retard,
- des intérêts de retard, au taux prévu par vos conditions générales, et à défaut au taux légal majoré.
Le taux des pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 euros doivent déjà figurer sur vos factures : ce sont des mentions obligatoires. Beaucoup d’entreprises les impriment sans jamais les appliquer, ce qui revient à annoncer une règle et à prévenir qu’on ne la fera pas respecter.
À ce stade, il est utile de demander une date de paiement précise plutôt qu’un règlement immédiat. Un interlocuteur qui s’engage sur une date tient son engagement bien plus souvent qu’un interlocuteur à qui l’on demande de payer « au plus vite ».
Étape 3 : la mise en demeure, à J+30
C’est le document qui change la nature du dossier. Il fait courir les intérêts de façon incontestable et il constitue la pièce que le juge demandera.
| Ce qu’elle doit porter | Pourquoi |
|---|---|
| Les mots « mise en demeure » | Sans eux, ce n’est qu’une relance de plus |
| L’identité complète des deux parties | Le juge doit pouvoir identifier qui réclame à qui |
| Le détail de la créance | Numéro, date, montant, échéance dépassée, facture jointe |
| Un délai précis | Huit à quinze jours, avec une date écrite |
| Ce qui suivra à défaut | L’annonce de la procédure |
Elle part en recommandé avec accusé de réception. Le récépissé est la preuve, et sans preuve la mise en demeure n’existe pas.
Étape 4 : décider si l’on va plus loin
C’est l’étape que l’on saute, et c’est la seule qui demande de réfléchir. Trois questions, dans cet ordre.
La créance est-elle contestée ? Si le client conteste la prestation elle-même, l’injonction de payer ne convient pas : il suffit qu’il s’y oppose pour que la procédure bascule au fond. Si la créance n’est pas contestée et qu’il ne paie simplement pas, l’injonction est l’outil adapté.
Le débiteur est-il solvable ? Un jugement contre une société en liquidation ne vaut rien. Une consultation rapide des annonces légales et des comptes publiés vous évite d’engager des frais pour un titre inexploitable.
Le montant justifie-t-il la démarche ? L’injonction de payer est peu coûteuse et se fait par écrit, sans audience. En dessous de quelques centaines d’euros, le temps passé pèse souvent plus que la somme.
Étape 5 : l’injonction de payer
Procédure écrite, sans audience, faite exactement pour les créances certaines et non contestées. Vous déposez la requête auprès du tribunal compétent avec vos pièces : facture, bon de commande ou devis signé, mise en demeure et son accusé de réception. Le juge statue sur pièces.
Si l’ordonnance est rendue, elle est signifiée au débiteur par commissaire de justice. Passé le délai d’opposition, elle devient exécutoire et permet la saisie.
Les dossiers qui se gagnent sont ceux où les pièces existent : un devis signé, des conditions générales acceptées, une facture conforme, une mise en demeure avec son récépissé. Les dossiers qui se perdent sont ceux où la prestation a été rendue sur un accord verbal. Le recouvrement se prépare au moment du devis, pas au moment de l’impayé.
Ce qui empêche les impayés, avant qu’ils n’arrivent
Un acompte à la commande. La parade la plus efficace, parce qu’elle filtre en amont et limite la perte en aval.
Des conditions générales écrites et acceptées. Elles fixent le délai de règlement, le taux des pénalités, et la possibilité de suspendre une prestation en cas de non-paiement. Sans elles, vous appliquez les règles supplétives, qui sont moins favorables et plus lentes.
Un délai de règlement explicite sur chaque facture. « À réception » n’est pas une échéance : c’est une invitation à payer quand on y pensera.
Un suivi des échéances qui ne dépend de personne. Le point qui change tout n’est pas la sévérité des relances, c’est leur régularité. Une relance automatique envoyée le lendemain de l’échéance, à chaque fois, sans exception, obtient plus qu’une relance sévère envoyée trois fois par an quand la trésorerie serre.
Ce que fait OrgaVision
Les échéances sont suivies pour vous : chaque facture connaît sa date de règlement, et ce qui est en retard se voit sans qu’on ait à le chercher. Les relances peuvent partir seules, avec la facture jointe et le bon destinataire, ou après votre relecture si vous préférez garder la main. Les pénalités et l’indemnité forfaitaire figurent sur vos factures parce que ce sont des mentions obligatoires, et vous pouvez les appliquer d’un geste quand vous décidez de le faire.
Le reste est une affaire de constance, et c’est là que la mécanique aide : elle relance le lendemain, même le jour où vous n’y pensez pas.
Questions fréquentes
Au bout de combien de temps peut-on relancer une facture impayée ?
Quelles pénalités de retard puis-je réclamer ?
Que doit contenir une mise en demeure ?
Quand faut-il passer à une procédure judiciaire ?
Combien de temps ai-je pour agir ?
Faut-il facturer un acompte pour éviter les impayés ?
Puis-je arrêter le travail en cours si le client ne paie pas ?
Faut-il passer par une société de recouvrement ?
Sujets abordés
Newsletter
Recevez nos guides en avant-première
Un email par semaine. Pas de spam. Désinscription en un clic.
Démarrer l'essai gratuitPartager cet article
À propos de l'auteur
Dimitri Jacquin
Ingénieur Arts & Métiers, docteur en génie des matériaux, fondateur d'OrgaVision