Le stock, ce coût invisible que personne ne mesure
Dans un atelier de réparation, les pièces détachées sont à la fois indispensables et incontrôlées. On commande au besoin, on stocke « au cas où », on oublie ce qu’on a. Trois symptômes reviennent partout :
- Les commandes en double : une pièce est commandée alors qu’elle était déjà en rayon, parce que personne ne savait qu’elle y était.
- Les ruptures au mauvais moment : le client est là, la réparation est prête à démarrer, la pièce manque, et le dossier attend une semaine.
- Les pièces dormantes : des cartons commandés pour une réparation abandonnée, achetés en trop, ou devenus obsolètes, qui dorment depuis deux ans.
Ces trois problèmes ont la même cause : le stock ne vit nulle part. Il n’est ni compté, ni relié aux réparations, ni surveillé. C’est de la trésorerie posée sur des étagères, invisible dans les comptes tant qu’un inventaire annuel douloureux ne vient pas le rappeler.
Ordre de grandeur de terrain. De la trésorerie immobilisée qui n'apparaît nulle part tant qu'on ne repère pas les pièces sans mouvement sur 6 à 12 mois.
Un catalogue construit à partir de votre pratique
Pas besoin d’une base de deux millions de références pour piloter un stock. Dans OrgaVision, le catalogue de pièces se construit à partir de ce que vous utilisez réellement : au fil des réparations, ou par un import Excel de votre inventaire existant. Chaque pièce porte l’essentiel :
| Champ | À quoi ça sert |
|---|---|
| Référence fournisseur | Recommander la bonne pièce en un coup d’œil |
| Prix d’achat | Base du calcul de marge |
| Prix de vente | Ce que paie le client |
| Niveau de stock | Combien il en reste, en temps réel |
| Seuil d’alerte | Déclenche le réapprovisionnement |
Les catalogues constructeurs (Tecdoc, Etai, Motrio) sont prévus dans la roadmap 2026 pour ceux qui en ont besoin — mais l’essentiel du pilotage fonctionne sans eux, à partir des trois cents références que vous touchez vraiment plutôt que des millions que vous ne verrez jamais.
Le stock qui se met à jour tout seul
La clé, c’est de ne pas tenir un deuxième inventaire. Dans OrgaVision, le stock est alimenté par les ordres de réparation eux-mêmes : quand une pièce est consommée sur une intervention, elle est déduite automatiquement à la clôture du dossier. Pas de saisie séparée, pas de fichier parallèle qui finit toujours par diverger de la réalité.
Comme les pièces sont rattachées à l’ordre de réparation, le mouvement de stock se fait quand la réparation se fait. Le stock reste fiable dans la durée parce que personne n’a besoin d’y penser : il suit le quotidien de l’atelier.
Quand une pièce passe sous son seuil d’alerte, vous êtes prévenu. Fini la rupture découverte au moment de réparer, fini la commande en double « pour être sûr ». Vous réapprovisionnez au bon moment, sur la base de chiffres, pas d’impressions.
Repérer et liquider les pièces dormantes
Une pièce qui n’a eu aucun mouvement depuis six ou douze mois est un signal : trésorerie immobilisée qui ne travaille pas. En les rendant visibles, vous pouvez décider quoi en faire — les solder, les retourner au fournisseur quand c’est possible, ou les pousser activement dans les devis. Beaucoup d’ateliers découvrent à cette occasion plusieurs milliers d’euros posés sur des étagères, qu’ils croyaient « en cas de besoin » et qui ne servaient plus.
La marge réelle par réparation : la vérité qui dérange
C’est le chiffre que presque personne ne connaît et qui change tout : combien rapporte réellement une réparation. Pas le prix facturé — la marge nette, une fois retirés le coût des pièces consommées et le coût de la main d’œuvre (temps réellement pointé × coût horaire du mécano).
Parce que les pièces et le temps sont rattachés au même ordre de réparation, OrgaVision calcule cette marge par dossier. Et la surprise est souvent brutale : ce sont les petites réparations « rendues service » qui plombent la rentabilité. Deux heures passées sur un vélo pour une facture de 45 €, pièce comprise, c’est une intervention à perte — mais tant qu’on ne la mesure pas, on la répète.
Écran + connecteur de charge
Déduites du stock, prix d'achat réel
1 h 15 pointée × coût horaire mécano
Ce que la réparation a vraiment rapporté
Avec cette mesure, vous ajustez ce qui doit l’être : revoir le forfait des petites interventions, arrêter les réparations systématiquement déficitaires, ou au contraire pousser celles qui rapportent. Vous ne devinez plus — vous décidez avec des chiffres.
Tout est relié : stock, devis, réparation, facture
La force du modèle, c’est que rien n’est isolé. Le stock alimente les devis (avec la marge affichée en direct), les réparations consomment le stock et pointent le temps, et la marge réelle tombe à la clôture de chaque ordre de réparation. Vous ne tenez pas quatre outils séparés qui se contredisent : un seul dossier porte tout, du dépôt de l’appareil à la marge finale. C’est ce qui transforme un atelier « qui tourne » en atelier qui sait combien il gagne — appareil par appareil.